Hier, j’étais dans le lit de la Rivière à la recherche du cours d’eau divagant.
 Il existe deux méthodes pour le trouver. La première est liée à la vue, regarde autour de toi et, si possible, te positionner sur le plus haut point de vue. De là, repère les contre-formes typiques des rivières asséchées et démarre ton arpentage au milieu des fines particules de limon sec.
 La seconde méthode se couple souvent à la première, elle est liée à l’ouïe, tend ton oreille au sol ou reste debout dans ta posture normale pour détecter les vibrations de la terre ou les bruissements d’eau.

Hier, j’étais dans le lit de la Rivière sur les traces du cours d’eau divagant.
 Perchée sur le plus énorme galet, j’avais du mal à me repérer.
 Accroupie au sol, je ne percevais rien du tout.
 Debout au milieu du désert de galets, je n’entendais que le bruit persistant du vent.
 L’Alizée se transformait en un son plastique et insistant.
 Il me murmura à l’oreille mille vœux qu’il avait faits aux quatre coins de la Terre. Son souffle chaud m’en offrit un avec la promesse de le transporter jusqu’aux cieux.
 Je fis donc un vœu, le plus précieux, celui que je garderai secrètement, là, au creux de ma poitrine.

Hier, j’étais dans le lit de la Rivière à la recherche du cours d’eau divagant.
 Seule avec l’air du vent, je décidais de modeler grâce à son souffle chaud et inépuisable des Roses Bleues pour le remercier.
 Des Roses Bleues, symbole d’une autre promesse. Celle où tout est possible en ces lieux.

Hier, j’étais dans le lit de la Rivière, là, tout près du cours d’eau divagant.